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Abigail A. Umana Viera

« Mija todo lo que usted se proponga, lo puede lograr. » En français, la traduction serait : « Ma p’tite fille, tout ce que tu entreprends, tu vas le réaliser. » C’est avec ces douces paroles encourageantes de sa famille qu’Abigail grandit.

Et voilà qu’aujourd’hui elle s’apprête à commencer sa troisième année de baccalauréat en droit après avoir obtenu un certificat en arts et sciences et un certificat en victimologie. En effet, comprendre « le pourquoi des choses » et mieux cerner la vulnérabilité de l’être humain est ce qui a toujours motivé son parcours universitaire. Même si elle considère que celui-ci est particulier, elle estime qu’il est enrichissant, car il lui a permis de se sensibiliser à plusieurs enjeux sociaux.

Parallèlement à ses études, elle cofonda l’OBNL Laïus Social qui a pour mission de créer des espaces de rassemblement et d’expression de soi pour les jeunes adultes. Son expérience personnelle lui fit réaliser que prendre la parole dans l’espace public n’est pas toujours encouragé dans les milieux issus de l’immigration. Force est de constater que c’est un mécanisme de défense transmis de manière intergénérationnelle afin d’éviter des confrontations considérées comme non nécessaires et ainsi survivre dans « le pays accueillant ». De plus, en grandissant avec un manque de diversité culturelle dans les médias québécois, elle put remarquer comment certaines voix des minorités visibles peinent à se faire entendre. C’est pourquoi elle n’hésita pas à dire oui à Laïus Social afin de créer un espace de partage.

Par ailleurs, en 2020, elle eut la chance de s’investir à la Clinique juridique de Saint-Michel (CJSM) à titre de bénévole et de coanimer un balado juridique. Celui-ci porte sur les différentes manifestations du profilage racial au sein de notre société. Avoir eu cette possibilité, suivre plusieurs formations à la CJSM et rencontrer plusieurs avocats également lui a permis d’ouvrir ses yeux à la multiplicité des perspectives que le droit peut offrir.

Maintenant que la fin de son parcours universitaire arrive à grands pas, plusieurs incertitudes concernant son prochain but font surface dans son esprit. Toutefois, elle n’est pas inquiète pour son futur, car pour elle, avoir étudié en droit est synonyme de recevoir une formation incroyable. C’est posséder le privilège d’avoir une bonne base de connaissance de nos systèmes sociaux.

De ce fait, si Abigail avait trois choses à dire aux futurs étudiants et étudiantes de la Faculté, ce serait : « D’abord, profitez de vos cours en droit. Approfondissez le plus possible vos apprentissages jusqu’à creuser et comprendre les plus minimes subtilités mécaniques du système judiciaire. Cependant, n’oubliez jamais de continuer de vous imprégner des réalités sociales et humaines. Puis, on connaît tous la fameuse phrase « le droit mène à tout », mais c’est parce que « le droit est partout ». Alors, ne vous inquiétez pas si vos plans initiaux changent en cours de route et que la boussole du droit vous dirige dix degrés plus au sud. Finalement, étudiantes et étudiants issus de la diversité, ne craignez rien. Il y a une place pour vous au sein de la Faculté de droit de l’UdeM et votre bagage culturel mérite d’être connu et souligné. »